Protéger vos rosiers avec des coccinelles

Sauvez vos rosiers grâce à nos amis les coccinelles !
Très friande de pucerons verts et noirs, la coccinelle adulte en dévore jusqu’à cent par jour, et sa larve, jusqu’à cent cinquante. C’est pourquoi elle fait partie des (auxiliaires animaux), c’est-à-dire de cette faune qui, dans la nature, occupe la fonction de prédatrice des parasites des plantes. Le recours à la  (bête à bon dieu) ne vise pas à éradiquer les races de pucerons et autres insectes proies, car ce serait éradiquer aussi les coccinelles, mais à obtenir un équilibre, en contrôlant les populations.

Les dégâts provoqués par les pucerons


Les pucerons s’établissent souvent en colonies sur les tiges, surtout sur les jeunes pousses, les pédoncules floraux et les boutons. Dotés d’un appareil buccal de type (piqueur-suceur), ils pompent la sève, entraînant des conséquences graves sur les plantes : celles-ci s’affaiblissent, puis deviennent plus sensibles aux maladies, et se déforment à cause des toxines. Sur le miellat, le liquide sirupeux sécrété par les pucerons, se développent des champignons appelés (fumagines),  qui noircissent durablement le feuillage. Les fourmis se nourrissent de ces substance, c’est pourquoi elles (élèvent) les colonies de pucerons, en les protégeant de leurs ennemis et en les déplaçant dans le jardin, rendant la lutte plus difficile encore. En cas d’attaque massive, les dégâts sont lourds ; il arrive que la floraison de printemps d’un rosier sensible soit entièrement compromise.

Mieux les connaître


La larve de coccinelle, plus efficace que l’adulte

La lutte biologique repose en partie sur l’introduction, dans le jardin, d’insectes auxiliaires prédateurs des parasites, dont les pucerons, et cette méthode, à la fois plus rationnelle, est plus écologique qu’un insecticide. Sur les plantes attaquées, placez des œufs ou des larves de coccinelles, ces dernières étant plus voraces que les adultes. Elles ont l’avantage de rester sur les tiges jusqu’à saturation plutôt que de voler de plante en plante. Mais la présence de coccinelles adultes est également essentielle car elles sont - précisément ! – aptes à se déplacer sur des plantes nouvellement colonisées par les pucerons, qui ont migré, parfois avec l’aide des fourmis.

 

Protéger vos rosiers avec des coccinelles


Le cycle de vie de la coccinelle
Les œufs pondus par les femelles coccinelles, d’abord jaune d’or, évoluent vers le gris-vert, à l’éclosion, de minuscules larves gris cendré, de 1 mm, se mettent immédiatement en quête, de nourriture. Sans ailes et aveugles, les larves se déplacent peu. Leurs chances de survie sont donc nettement plus grandes si des pucerons se trouvent à proximité, d’où la nécessité de les placer très près des lieux infestés ; mais elles dépendent aussi d’autres facteurs, en particulier des conditions climatiques.
L’œuf éclôt environ cinq jours après la ponte ; la larve se nourrit et se développe pendant une dizaine de jours avant de devenir nymphe. Elle donne naissance à l’adulte au bout d’une semaine. La coccinelle, d’abord claire, prend ses couleurs définitives quelques heures plus tard.

Trois espèces


Plusieurs milliers d’espèces de coccinelles existent dans le monde et presque toutes sont efficaces dans la lutte contre les pucerons. Cependant, pour la lutte biologique, trois espèces sont principalement mises à contribution :

La coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata) est la plus répandue en France. Ses élytres rouge brillant et lisses sont ponctués de sept points noirs, et elle est à peu près hémisphérique. Elle prospecte en général la partie inférieure de la végétation, jusqu’à 2,50 m, et sa présence est plus rare dans les arbres et les arbustes. Elle se réfugie pendant l’hiver dans les forêts, sous les écorces d’arbres. Cette espèce, essentiellement aphidiphage, est depuis toujours considérée comme une amie de l’homme –c’est la bête à bon dieu !-, et a fortiori depuis que l’on sait qu’elle est aussi celle de nos chers rosiers ! En revanche, force est de reconnaître que sa lare, grise et teintée d’orangé, a sous la loupe l’aspect d’un monstre crocodilien – prédation oblige !

La coccinelle à deux points (Adalia bipunctata) est orangée, elle a deux points noirs sur les élytres, mais peut aussi être noire ? Elle mesure environ 5 mm. Elle est aussi très gourmande de pucerons et son association avec d’autres insectes auxiliaires fonctionne parfaitement bien. Ses larves sont grises, dotées de deux points jaunes latéraux. Selon le climat, elle produit plusieurs générations par an.

La coccinelle asiatique
(Harmonia axyridis) est une espèce importée de Chine. C’est une des plus grosses coccinelles, atteignant de 5 à 9 mm de long, mais les souches commercialisées sont incapables de voler. Elle est très efficace dans la lutte contre les pucerons. La couleur de ses élytres est variable (jaune, orange, rouge ou noire), tout comme le nombre de ses points, oscillant entre 0 et 19, la rendant difficile à identifier. Pourvue d’un thorax pâle surmonté d’un M, elle est très vorace et très féconde ; sa durée de vie peut dépasser les deux ans. Les larves grises sont massives et ponctuées d’orange sur les côtés.

Une polémique


La coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) fait l’objet d’une polémique. En effet, cet insecte, extrêmement vorace, se révèle dangereux pour les coccinelles européennes, qu’elle dévore allégrement, et pourrait même les mettre en péril. Sa dangerosité a été dénoncée par divers scientifiques, en Hollande et en Belgique. En Grande-Bretagne, l’université de Cambridge s’en est émue et a mis au point un dispositif de surveillance. En France, la polémique existe aussi, posant évidemment le problème des limites de la lutte biologique – qui pourrait donc se retourner contre… l’équilibre biologique. Et il est vrai que l’introduction d’espèces exotiques pose toujours un problème (comme d’ailleurs les lâchers d’insectes indigènes), ainsi qu’on peut le voir par exemple dans le cas des tortues et de bien d’autres espèces. Toutefois, la société Biotop (www.biotop.fr), qui diffuse l’insecte en question sous le nom de Coccibelle, a annoncé son refus d’en interrompre la commercialisation, arguant que les souches non volantes et homozygotes (dont la descendance est également non volante) ne représentent aucune danger pour les espèces autochtones. Ses arguments semblent convaincants, mais le débat est à suivre…

 

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